Quartiers sous l’eau / Neighborhoods under water

(English version below)

L’inondation au Niger s’aggrave de plus en plus et cause des dégâts très importants. Pour cette année on enregistre 6348 ménages sinistrés dont 3989 à reloger et 17 décès dont 4 à Agadez , 9 à Maradi, 1 à Zinder et 3 dans la capitale, à Niamey.

A Niamey les inondations sont récurrentes ces dernières années. Cependant, les menaces les plus sensitives sont la montée du niveau du fleuve Niger avec environ (2) mètres d’épaisseur presque une année sur une. Depuis les années ‘90 où on a enregistré des manques de pluie (déficits pluviométriques), le fleuve Niger s’est vu à l’abandon de certains de ces bras-morts (artères hydrographiques). D’une part, la population des quartiers riverains du fleuve (Lamordé-Karadjé-Kirkissoye-Saga-Gamkalé) s’est emparée clandestinement de certaines parties abandonnées, en élargissant  des constructions d’habitat. Et d’autres parts, les autorités municipales avec les complicités de certains hommes politiques ont  établi des parcelles d’habitation dans cette zone.

Mais aujourd’hui, les grandes pluies enregistrées depuis 2012, débordent à outrance leurs chemins en Afrique de l’Ouest et à l’échelle du  réseau hydrographique du fleuve Niger. Toutes les zones abandonnées du fleuve sont reprises. Des graves dégâts s’enregistrent quotidiennement à Niamey sur l’habitat, les infrastructures, les périmètres d’irrigations du riz, du blé (aménagements hydroagricoles), et même parfois des pertes en vies humaines et animales.

Les dernières inondations de 27 août 2013 ont aussi concerné l’espace de l’Université Abdou Moumouni de Niamey qui se trouve presque sur une île du fleuve Niger. Les dortoirs des étudiants de l’École de Mine et de l’Énergie (EMIG) ainsi que le Complexe Sportif Universitaire Alio Nahantchi sont inondés. Lors de la rencontre scientifique et culturelle des étudiants en médecine de l’Afrique de l’Ouest, organisée par le REMAO du 21 au 31 août 2013 à Niamey, les participants se sont logés aux dortoirs de l’EMIG. Malheureusement, ils se sont réveillés dans la matinée de 27 août par l’eau du fleuve qui pénètre dans le bâtiment. Certains d’entre eux ont été contraints de déménager dans les bâtiments intacts.

En 2012, le gouvernement du Niger et les autorités municipales ont pris des mesures salutaires pour résoudre la problématique des inondations. Plus particulièrement à Niamey, l’ex-gouverneur Aissata Kané avec la collaboration des services étatiques ont procédé au recasement des sinistrés et à la reconstruction de la digue de protection des berges du fleuve Niger.  Malheureusement, certaines    sinistrés ont renoncés à leur recasement du fait que leur nouvel emplacement est lointain, et ont reconstruit leurs habitations  initiales.

Dommage. Aujourd’hui, l’épaisseur d’eau du fleuve dépasse celle de 2012,  tout  est  détruit. Les sinistrés  se trouvent loger dans les écoles primaires à la merci des sentiments de désolation. L’État nigérien et les bailleurs de fonds et les ONG les supportent quotidiennement par des aides de toutes formes, comme avec des nettes, des moustiquaires, des tentes, la nourriture etc. Mais les conséquences de ces inondations deviennent insupportables avec le problème de salubrité, la destruction de récolte agricole, le développement de certaines maladies, et le logement temporaire dans les écoles primaires, qui serait bientôt suspendu pour la rentrée scolaire. La fièvre typhoïde menace de plus en plus les enfants et les personnes âgées à cause de l’ampleur de mouches qui affectent les nourritures et les latrines inondées. Le paludisme est aussi une autre réalité mortelle aujourd’hui avec l’intensité des moustiques, générés par l’eau du fleuve. Bien qu’il y a l’aide pharmaceutique de l’État et des ONG, la demande surpasse l’offre.

Une partie de nos camarades qui font parties du projet ‘Mapping for Niger – Cartographions pour le Niger’ se sont rendus sur les lieux d’inondations pour s’enquérir de l’état des destructions et de la situation des sinistrés. Voici quelques unes des images et une vidéo des sites.

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Floods in Niger are getting worse and worse every year and continue to cause extensive damage. In 2013 alone 6348 households have been affected by the floods, among which 3989 had to be relocated. 17 people died, 4 in Agadez, 9 in Maradi, 1 in Zinder and 3 in Niamey, the capital.

In Niamey, floods have been recurrent over the past years. One of the most worrying trends is the increasing water level during the floods year after year reaching about 2 meters. Starting in the ’90s when very little rain fell (rainfall deficit), the Niger River receded from certain areas (river arteries). These former riverbanks, as they are fertile, attracted local populations from the coastal areas of the river (Lamordé-Karadjé-Kirkissoye-Saga-Gamkalé) to begin to inhabiting these zones, constructing homes and other buildings. Moreover, municipal authorities with the buy-in of some politicians have also encouraged residential constructions in this area.

However, since 2012, the increased rainfall made the Niger River take back its former banks. Serious damages are recorded on a daily bases in Niamey on homes, infrastructure, irrigation systems of rice and wheat, and even the loss of human and animal lives.

The latest floods of August 27, 2013 also affected the Abdou Moumouni University of Niamey, which is located on the former banks of the Niger River. Student dormitories, specifically of the School of Mining and Energy (EMIG) and the Alio Nahantchi Sports Complex were flooded. During the scientific and cultural conference of West African medical students, organized by the REMAO from  21 to 31 August 2013 in Niamey, participants were housed in the dormitories of EMIG. Unfortunately, the students woke up in the morning of August 27 to find themselves surrounded by the Niger River. As a result, a number of them were forced to move into nearby university facilities.

In 2012, the Government of Niger and municipal authorities have taken steps to resolve the problems caused by the floods. Specifically, in Niamey the former governor Aissata Kane in collaboration with state services proceeded to address the resettlement of flood victims and to reconstruct flood barriers on the Niger River. Unfortunately, some victims decided against their resettlement as the proposed location were far away from the city, and decided to rebuild their original homes.

It’s too bad. Today, the water levels have reached even higher than in 2012, everything is destroyed. The victims are currently housed in primary schools. The Nigerian government, donors and NGOs have taken steps to provide support with mats, mosquito nets, tents, food etc. But the consequences of the floods become unbearable with the poor hygienic conditions, the destroyed harvest, the spread of certain diseases, and the temporary housing solutions in primary schools, which will no longer be available with the school year starting soon. Typhoid fever threatens children and the elderly more and more because of the increased number of flies that affect food and because of the flooded latrines. Malaria is another deadly reality today with the high number of mosquitoes resulting from stagnant water. With limited supplies of medicine provided by the state and NGOs, the need for support greatly outweighs the supply.

Some of our classmates taking part of the ‘Mapping for Niger’ project visited the flood zones, to observe, first-hand, the level of destruction and the situation of victims. Below are some of the images and a video we took.

 

Maison inondée après le retrait du fleuve. Les marques du niveau d’eau montrent une épaisseur d’environ 1,5 mètre.
Flooded house. The watermarks reminds us that the water was even higher, about 1,5 m before.

Moyens de déplacement et de déménagement dans les zones inondées.
In some areas the pirogue is the only way to go around, or to leave the houses.

Les dégâts d’infrastructures et animales.
The floods damage the infrastructure, and sometimes the animals fall victims for the water too (sheep floating on the Niger River).

Quelques lieux accessibles uniquement en traversant l’eau du fleuve.
Some places now are only accessible by crossing the river.

Construction en argile détruite.
Clay house destroyed by the water.

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